Pour finir cet inventaire de cascades islandaises, après que vos oreilles aient été abreuvées de leurs flots tumultueux, voici une ultime chronique aqueuse avec une touche de couleur prégnante.
La cascade de BARNAFOSS vous impressionnera moins par son gigantisme, par sa hauteur de chute, par son cadre verdoyant que par la couleur de ses eaux.
Oubliez le grand bleu et son ivresse des profondeurs, le bleu schtroumpf, le bleu royal (pas Ségolène), le bleu cobalt, le bleu Klein et surtout votre bleu de travail pour vous laisser charmer par ce bleu turquoise.
En effet (exception faite du BLUE LAGOON dont je parlerai dans une prochaine chronique) si dans ce pays vous voulez, au naturel, voir un bleu turquoise, alors vous êtes au bon endroit dans cet écrin de verdure et de roches.
Jaillissant d’entre les pierres de basalte noir tachetées de rouilles, le torrent rebondit d’un caillou à l’autre, de remous en remous, charriant des flots mousseux qui clapotent bruyamment et viennent mélanger leur vigueur aux flots plus sereins, eux, qui sourdent de la lande environnante et apportent cette ineffable touche turquoise.
La légende affirme qu’une nuit de Noël, deux enfants demeurés chez eux pendant que leurs parents se rendaient à la messe de minuit, désobéirent aux consignes et se rendirent au bord du ruisseau. A leur retour de l’office, les parents ne trouvant pas leurs enfants, lancèrent des recherches qui, hélas, se soldèrent par la découverte macabres de deux noyés.
Afin d’éviter que pareille mésaventure ne se reproduise, la mère obligea à la destruction de l’arche de pierre qui leur fut fatale.
Rassurez-vous, le pont qui désormais enjambe les flots présente toutes les garanties de sécurité et appuyés au parapet vous aurez tout loisir de laisser le spectacle imprimer vos iris.