Bas, laines, nous habillent, nous réchauffent et c’est assez à notre bonheur en hiver.
Mais, pour les baleines, je dirais que c’est assez de se faire déshabiller, dépouiller, mettre à nu. Assez.
Le jour (petit rappel, en été il est perpétuel en Islande) est ensoleillé et lumineux. Sur les affiches, les baleines prennent la pause, semblant presque danser au milieu des flots. Les enfants témoignent d’un enthousiasme que le mal de mer anticipé du papa n’ose pas contrarier. Les billets sont achetés et le bateau-usine-à-touristes quitte le port et la torpeur endimanchée de REYKJAVIK.
Il trace sa voie paisible sur une mer huileuse, que les reliefs environnants protègent des vagues mais sitôt la rade quittée, quelques-unes viennent fouetter la coque du navire et l’enthousiasme des enfants se commue en impatience puis en maux de ventre et de tête. Je fais semblant mais n’en mêne pas plus large. Que voulez-vous je suis un breton des côtes de l’intérieur !!
Puis nous arrivons sur zone, le sanctuaire, l’immense bocal à cétacés, l’aquarium géant à baleine, l’infinie mare pour orques et cachalots, … L’océan en fait.
Et le show commence. D’abord chaud dans l’estomac et les entrailles où, entre odeurs de fioul et vagues plus fortes, ça gargouille et menace de jaillir sur le devant de la scène à tout moment. Alors, allongé (seule solution pour vaincre le mal de mer), attendant que ça passe, vous l’entendez l’autre, la haut, au sommet de sa vigie, un micro à la main ou parlant dans un porte-voix (pas d’importance ça résonne aussi désagréablement dans la tête) qui vous annonce d’une voix tonitruante, de cette voix de crécelle de celui qui découvre, émerveillé et pour la première fois qu’il y a des baleines dans l’océan (bon lui, il fait 5 voyages par jour pendant 3 mois donc son émerveillement et un peu comme le tien devant le premier tas de sable ou de cailloux que tu croises et que tu t’imagines être le MONTS ST MICHEL), d’une voix tonitruante donc, à mi-chemin entre Bianca CASTAFIORE et la hurleuse Céline DION, une voix qui fleure bon le bonimenteur de supermarchés et qui te crache des Ten o’clock ou des six o’clock, que ton cerveau malade de roulis et de tangages est capable, encore, d’interpréter comme des injonctions pour reporter ton regard vacillant vers des cétacés qui eux, ne vont pas si lents. Et le navire qui affecte de prendre cette direction, virant brusquement, empire de fait votre mal de ventre tout ça pour espérer apercevoir un monstre marin aussi vite disparu qu’annoncé.
Tu te lèves, une fois à ten o’clock, une fois à two o’clock, tu te hisses jusqu’au bastingage et bien sûr tu vois rien. Pas con la baleine, elle est payée pour apparaitre pas pour prendre la pause. Surtout qu’un atavisme de proie fait que la présence de l’homme l’incite plus à la fuite qu’à venir sympathiser et faire une petite belote.
Et puis, sauf à avoir le regard perçant de SUPERMAN ou Steve Austin (mais si l’homme qui valait 457 371 073 Euros !!!) comment voulez-vous voir le dos noir d’un cétacé se moirer dans une eau qui navigue entre le vert kaki et le bleu nuit.
Bref, et c’est un euphémisme car ce ne fut pas bref, le manège dure et tes entrailles tournent. Tu penses à adhérer à GREENPEACE mais une fois revenu à terre.
Puis ton espoir devient réalité. Le navire rentre au port, tu poses les pieds sur la terre ferme et tout se remets en place. Direction un restaurant pour manger tout et n’importe quoi mais manger, puis boire une bière. Tu oublies l’adhésion à GREENPEACE, mais une fois pour toutes, je le dis laissons les baleines en paix et le portefeuille des touristes au diapason.
Bref, il reste les paysages et la joie de retrouver la terre ferme. Cool