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GROUND ZERO : souvenir du 11 septembre 2001

GROUND ZERO : souvenir du 11 septembre 2001

Que celui ou celle qui ne se souvient pas de ce qu’il faisait le mardi 11 septembre 2001 au matin ne se donne pas la peine de lire les lignes qui suivent.

Vous êtes tous présents. OK, je continue.

Le 11 septembre 2001 est de ces dates qui tatouent la conscience humaine, de ces évènements dont la seule date suffit à vous situer dans l’espace-temps (j’étais à tel endroit et je faisais telle chose), de ces dates dont l’énoncé suffit à vous donner l’année (11 septembre. Inutile de préciser 2001. 18 juin, et l’année est également sans appel. Idem pour le jeudi noir surtout si vous êtes un crack et le 11 novembre ou le 08 mai surtout si vous vivez en France ou en Allemagne.)

Le 11 septembre 2001 se charge de tant de souffrances, de tant de symboles, de malentendus qu’en faire l’inventaire reviendrait à essayer de réconcilier Caïn et Abel, Copé et Fillon (quand on sait ce que furent les deux premiers pour l’humanité, je n’ose pas imaginer la descendance des seconds). 

Commémorer un évènement de cette ampleur  participe du devoir de mémoire collective. J’y suis souvent réfractaire notamment concernant les armistices des deux dernières guerres mondiales dont je trouve les anniversaire surannés à l’heure de la parfaite entente franco-allemande. Mais bon.

Par contre, concernant le mémorial de GROUND ZERO, auquel je me rendais sans enthousiasme particulier, je dois avouer être demeuré en profonde contemplation respectueuse.

Mémorial 9-11 donc, carré d’eau dans un carré d’eau, tous deux de marbre noir et de cascades d’eau symbolisent à merveille la descente aux abimes que furent les attentats du 11/09/2001.

Un carré dans un carré, une eau qui glisse, en filet continu et doux, de l’un  dans l’autre, les immeubles voisins qui s’y reflètent et l’impression prégnante presque rémanente de corps qui chutent, d’une tour qui s’effondre, d’une ville  qui s’enfonce, d’un monde qui sombre dans un trou noir de barbarisme.

Des carrés ou bassins, exactes empreintes des fondations des tours, des carrés d’eau noire, dont la margelle de l’acrotère  sont gravées des noms des 2983 victimes des attentats du 11/09/2001 et du 26/02/1993. Quelques roses rouges y sont déposées.

Des bancs, des espaces verts, quelques arbres plantés et parmi eux un survivant de l’effondrement des tours. Un poirier qui avait déjà l’audace de pousser en ville, qui eut la chance de survivre à l’effondrement des deux immeubles, qui fut retrouvé sous des tonnes de gravats et qui replanté puis foudroyé continua de demeurer là où il avait pris racine. 

Derrière un bâtiment entièrement vitré (futur musée)  sont visibles des tridents en acier,  c’est-à-dire les restes rouillés des poutres qui supportaient les tours jumelles. 

Surplombant le bassin nord, fondation de celle qui fut la tour le plus septentrionale, la main tendue, index pointé vers le ciel, un homme noir,  chante The Star-Spangled Banner  avec ferveur. Tout le monde se tait et l’écoute.  L’eau qui coule semble s’harmoniser à sa voix rocailleuse. Même la ville transforme son vacarme en brouhaha.

Tout autour, la ville continue de se reconstruire. La FREEDOM TOWER allonge ses étages de miroir. Pas encore achevée, elle capte déjà toute la lumière et domine la ville. De jour, comme de nuit, impossible d’arpenter le sud de MANHATTAN sans la voir, l’admirer et ne plus pouvoir en détacher le regard.

Contrastant avec l’ébène des carrés de marbre, un bloc d’immeubles renvoie des lueurs mordorées presque couleur moutarde.

L’ensemble du mémorial forme un havre de tranquillité dans une ville qui n’a jamais cessé de s’activer.

Symbole d’un symbole, cette métaphore du 11 septembre incarne la souffrance durable du peuple américain. La cicatrise qui lui fut infligée se mue en abysse de marbre noir là où les tours furent. Le fond de cet abime est insondable comme le fut la détresse des américains. Cet abime reçoit des larmes d’eau ruisselante qui ne sont rien rapportées aux rivières salées qui coulèrent des regards sidérés des hommes et des femmes de cette ville.

Ce monument incarne la résilience d’une ville, d’une nation. Je préfère cette résilience à celle immédiate qui vit ouvrir, dès le lendemain (le 12), la bourse afin de donner au monde l’information que la vie continuait. A l’époque de Pompéi, ce furent les temples qui furent ré-ouverts immédiatement. Eh oui, à chaque époque son dieu.

Remarquable ouvrage, sidérante réflexion et éternel témoignage de ce qui fut à la fois une tragédie et le marqueur de la fin d’une époque. De ce jour l’Amérique ne se relèvera jamais tout à fait. A la face du monde elle prouva son courage et sa solidarité mais laissa surtout entrevoir sa vulnérabilité. Pour la première fois depuis 1 siècle.

En voyant ce mémorial, je me dis que vivre c’est accepter que les épreuves laissent des séquelles. Bizarre, j’ai comme une impression de déjà- vécu.

Regardez ces images en écoutant l’andante du concerto pour piano n°21 de MOZART  https://www.youtube.com/watch?v=5Y4Fkxg7WcA    ou son adagio du concerto pour clarinette     http://www.youtube.com/watch?v=kdtoIUqZuC8 . Pour ceux qui connaissent, la 3ème symphonie de GORECKI c’est encore plus frappant.

Vous me direz ?

Mémorial 9/11

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Poupées gigognes d'une détresse !!!

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Passé sombre, avenir rayonnant ?

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Plus dur sera la chute ?

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