Harlem, quartier noir par excellence, quartier qui nous renvoie irrémédiablement aux années 70 et la violence interraciale inhérente, quartier aujourd’hui reconquis par les bobos newyorkais mais quartier qui garde, comme une vigie immuable, ses églises et sa ferveur.
Harlem en ce dimanche nous accueille sous un ciel céruléen dépourvu du moindre nuage blanc.
Le soleil darde de ses rayons les rues du nord de Manhattan. Déjà, dès le petit matin, nous étions accompagnés de ce temps idyllique pour le premier jour de notre séjour.
Après que nous ayons longé central-Park pour prendre le métro, et que nous ayons été éblouis par la mobilisation des new-yorkais pour promouvoir la lutte contre la cancer du sein (Octobre rose est né à NEW-YORK et nous en sommes revenus avec quelques idées d’animations pour octobre 2013), après que nous n’ayons pu manquer de voir à quel point la réputation d’attraction pour joggeurs de Central-Park n’est pas usurpée, après que nous ayons connu des émotions joyeuses jamais ressenties dans une église (sauf pour quelques mariages ou baptêmes évidemment), nous arpentons le macadam d’Harlem.
Harlem devient le quartier à la mode. Les rénovations de maisons sont nombreuses. Les échafaudages en témoignent. Les rues animées gardent des réminiscences des années 70. La mixité spécifique à NEW-YORK n’est plus évidente. Nous sommes blancs, nous ne pouvons pas manquer de le savoir sans en être le moins du monde incommodés.
La propreté des trottoirs tranche avec celle de Manhattan. Ici des papiers gras jonchent le sol. Oh rien à voir avec la saleté de nos rues françaises mais tout de même presque choquant par rapport au reste de la ville. Cependant comme partout dans NYC, pas une crotte de chien qui risque de se glisser sous vos pas. Chaque propriétaire d’un truc à 4 pattes en ramasse les étrons
Nous déambulons sans but précis, nous laissant porter par le flot des habitants du quartier au demeurant fort nombreux pour un dimanche après-midi. De nombreux marchands ambulants ont déployés leurs étals sur les trottoirs. Ils y vendent, fruits, montres, CD, …
Le hasard nous porte devant la maison de MALCOM X. C’est un autochtone qui nous le fait remarquer (nous serions passés devant sans le savoir). Il est venu à nous dans un grand manteau noir, nous souhaitant la bienvenue. Il nous interroge sur notre provenance et après que nous l’ayons renseigné, quelle n’est pas notre surprise de l’entendre poursuivre la conversation dans un français impeccable et de nous embarquer dans un discours parfois tarabiscoté où se mêlent MALCOM X (grâce à qui nous pouvons venir dans ce quartier sans crainte), Aimé CESAIRE, le fond rémanent de racisme français, l’université de Dijon, la sécurité actuelle du quartier, et quelques rasades d’une fiole qu’il extirpe de sa poche de son blouson. Il tient la conversation à lui seul ou presque et nous abandonne après que nous lui ayons donné un billet.
Nos pas nous guident ensuite vers The APPOLO THEATER, haut lieu de la culture musicale noire. En quelque sorte un OLYMPIA local qui affiche ses étoiles gravées devant son hall d’entrée. Nous y lisons des noms si familiers que ce soit JAMES BROWN, ARETHA FRANKLIN, MICHAEL JACKSON ou ELLA FITZGERALD. Tous s’y sont produits, tous hantent le lieu et toutes et tous se constituent de notre culture.
Au nord d’Harlem, des rues entières cachent leurs beautés à quiconque ne s’est pas donné la peine de les rechercher. Des maisons typiques de la fin du 19ème siècle nous plongent à travers l’espace comme si nous étions projetés en Angleterre victorienne. Les écureuils s’aventurent jusqu’aux massives portes sculptées des maisons et filent, entre nos jambes, se réfugier dans l’arbre le plus proche.
HARLEM est un quartier au charme suranné. Les traditions et l’architectures y semblent préservées. On ne serait pas étonné de voir débarquer STARKY et HUTCH au volant de leur bolide rouge.
Entre tradition et modernité, ce quartier tranche avec le reste de la ville (surtout DOWN TOWN) comme si la culture noire ancestrale s’évertuait à préserver ce bastion de tous les assauts de la culture blanche mercantile.
Sous le soleil d’octobre, une balade dominicale à HARLEM s’avère délicieuse et clôt, à jamais, le chapitre des idées reçues que vous pouviez avoir sur ce quartier.
Le soir même, alors que la nuit avait posé sa gangue sombre sur la ville, nous étions à TIME SQUARE et le contraste ne pouvait manquer de vous saisir.
To be continued.