J’arrive à NEW-YORK avec dans mes valises des souvenirs vieux de presque 20 années. En 1995, avec Benoît et Thierry nous avions subi un trimestre à l’OSU (Ohio State University). Nous avions, notamment, suivi la victoire de CHIRAC en direct. Notez la performance car nous en étions aux balbutiements de l’internet et l’élection française pour les américains, c’est comme les caleçons du Pape pour nous. Souvenez-vous, c’était l’époque « mangez des pommes ». CHIRAC était sympathique et pas encore super menteur et encore moins à la mémoire défaillante !!! Avec les bières vidées en son honneur, nous avions constitué une mosaïque à son nom sur le sol de ma chambre universitaire. On est bête quand on a 23 ans !!! Putain, j’ai voté CHIRAC. Et deux fois même (en 2002, pas trop le choix).
Je me souviens surtout de ce qu’est un état moyen des Etats-Unis : l’OHIO (cet Etat que le monde entier ignore mais qui focalise l’attention, tous les 4 ans, au moment de l’élection présidentielle).
L’OHIO, oui l’OHIO. Je me rappelle des transports en communs empruntés seulement par les "pauvres et nécessiteux", je me souviens de l’interdiction de traverser les rues en dehors des passages pour piétons, il me revient en mémoire des maisons délabrés dans des quartiers sordides, des rues jonchés de détritus, des café maxi taille, de boissons gazeuses infâmes (pas seulement les bières mais surtout Doctor PEPPER, le plus ancien soda du pays que les américains mélangent avec de la glace), de l’envoi de mon premier courriel, du numéro d’appel d’urgence (Le 911 qui nous fut présenté, avec gravité, en grandes pompes dès notre premier jour, comme si notre vie en dépendait. Au demeurant, un des rares numéros que je connaisse par cœur. Exception faite des numéros de ma jeunesse (mes parents, ma grand-mère, ma marraine, la mairie de Guiscriff, tata louche et heureusement quand même celui d’Anlor que j’ai réussi à retenir au bout de 4 années de vie commune). Faites l’expérience et vous verrez. Je suis sûr, que seuls les vieux numéros de téléphone restent dans vos mémoires. Les récents sont dans la carte mémoire de nos téléphones intelligents !!!).
Je souris encore à l’image de ses filles, habillées comme des nymphettes, les belles comme les moches, les maigres comme les grosses (en quelque sorte une forme d’égalité) qui se trémoussaient sur les pistes de danse des boites de nuit, que vous pouviez prendre par la taille, qui se retournaient sans même savoir qui vous étiez et sans hésiter vous embrassaient avant de repartir aussitôt. Le risque de choper l’herpès était plus grand que celui du moindre frisson !!!
Tous les poncifs hollywoodiens nous les ont maintes fois ressassés, mais j’ai aussi en mémoire les flics qui débarquent dans les bars lampes-torches à la main, l’hypocrisie de la consommation d’alcool dans les lieux publics (les bouteilles sous un sac en papier. Seul le goulot dépasse) et les fêtes étudiantes qui se tiennent dans une maison de bois, toutes portes ouvertes, autorisant la venue de n’importe qui et où l’on peut boire une bière sur le toit de la véranda. Et puis, il y eut les exploits du FC NANTES que nous arrivions à suivre via le réseau internet de l’université (défaite de Nantes, la seule de la saison, à la 32ème journée, contre Strasbourg : 0 – 2).
Je sais, ça fait vieux combattant, mais en arrivant à NEW-YORK j’avais ces souvenirs qui valsaient dans ma tête, il me restait toutes ses impressions au fond de ma valise, j’avais tous ces préjugés accrochés à mon dos. Je revenais chargé d’une Amérique ancienne avec la ferme volonté de m’ouvrir à la nouvelle.
Dans ma mémoire, les USA c’était ça :